Je me demandais quelle était la limite, quand il ne me serait plus possible de continuer à écrire dans le même article. Etrangement, c'est arrivé presque en même temps que la fin du mouvement, autrement dit la fin de ces aventures fantasmées avec Bouclé.
" Je suis déprimée au plus haut point. Je me sens vraiment démunie, j'ai peur, je suis triste... Je ne veux pas que Bouclé me laisse. J'ai peur parce que si ça devait être le cas, je sais que je vais très mal le vivre. Il me fesait du bien, il me maintenait dans un état d'espoir, d'envie. Et c'était agréable. J'ai l'impression que je ne peux plus retourner en arrière, qu'il me faut cet état encore et longtemps. Bouclé doit rester là, à portée de regard, mais j'aimerais plus. Une réponse, le lire, un échange, je voudrais un lien entre nous. Je me rends compte que l'avoir comme "ami" sur facebook créait un tout petit lien, qui maintenant n'est plus; et c'est le manque. "
" C'était fatidique, ça devait arriver un jour. J'en étais consciente tout en l'occultant dès qu'il m'en venait la pensée. J'ai passé le weekend à pleurer, Bouclé m'avait laissée. Puis aujourd'hui, on m'enlève tout espoir, on m'enlève sa présence. Or j'ai besoin de le voir. Tout s'arrête. Nos idéaux communs, le temps libre, le temps passé avec Lucie et Marie. J'avais trouvé de quoi m'animer, et il faut que ça s'arrête. Le mouvement me fesait supporter la fac, j'aime savoir qu'il y toujours un à côté. Que la fac n'est pas tout, qu'elle n'est pas ma préoccupation première. Peut-être que je ne reverrai pas Bouclé avant l'année prochaine, septembre, ou peut-être même jamais... J'ai l'impression de passer à côté de quelqu'un d'important; j'ai eu la chance de connaître son existence, mais voilà qu'on me le retire. Ce n'était qu'une sorte d'avant-goût, sans suite. Depuis le début, je ressens très fortement la frustration, aujourd'hui la fatalité est telle que ne reste plus que la tristesse. Dernière fois, sans un regard, sans un mot, bien-sûr. Et lui, à mille lieux d'imaginer la peine qu'il me fait. Le tsunami de ce matin était-il un signe? En tous cas l'eau coule à flots sur mes joues, j'ai la nostalgie. Demain ne m'inspire qu'effroi. J'ai l'impression que je ne vais pas tenir. Malmenée, voilà comment je me sens. Il n'est pas là. "
Ainsi arriva la fin.
Pendant une semaine, les larmes coulaient toutes seules, si j'avais le malheur d'allumer l'ordinateur, je ressentais immédiatement de plein fouet le rejet de Bouclé, son indifférence. Pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'esperer le miracle, celui qui ferait que je tomberais sur un mail dont il serait l'expéditeur. Ma mère me consolait patiemment au réveil et à longueur de soirées. Coup de grâce, la fin du mouvement. J'étais sonnée, je ne réalisais pas, ça ne pouvait s'arrêter comme ça, pas si brutalement. Ca le pouvait. Je ne voulais pas y croire. C'était le moment tant redouté, mais qui devait toujours rester vague et lointain. Puis, arrivée à la maison, il aura suffit que je passe le pas de la porte, que j'annonce la fin du mouvement à ma mère, pour que je prenne conscience du caractère définitif de la chose; Chat, ma mère et moi, en cercle sur le carrelage, cette fois je pouvais pleurer. Non seulement Bouclé ne voulait visiblement pas de moi, mais en plus les circonstances décidaient de s'en mêler et de m'enlever toute possibilité, déjà de le voir, mais aussi d'essayer de lui montrer que peut-être we might get on, peut-être. Depuis des mois, le mouvement était devenu une part importante de mon quotidien, ça m'a permit de réfléchir à ma vision de la fac, ça m'a aussi fait du bien j'ai constaté que je n'étais pas la seule à être là avant tout pour apprendre à réfléchir, à avoir un esprit critique, et des idées pesonnelles. Et puis voilà, Bouclé. Quelles que soient ses réactions, quoi qu'il puisse faire ou ne pas faire, je l'aime comme j'aimerais un personnage dans une histoire, j'y suis attachée, sans raisons intelligibles, de toute façon, tout cela n'a jamais rien eu à voir avec la raison, je vous le dis depuis le début, c'est émotionnel, purement.
Jeudi dernier, j'ai eu japonais, j'ai arréter de pleurer. Mardi prochain est banalisé, il y a une manif normalement. Je suis bien consciente que cette fois je n'aurais pas d'autres chances de l'approcher. J'ai peur, honnêtement, si j'ai eu peur de ça depuis le début, son attitude sur facebook rend les choses encore plus difficiles maintenant. Malgré ça, j'ai maintenant une "excuse" pour lui parler, je ne suis plus cette complète inconnue. Je suis triste qu'il n'ai pas fait attention à mes mails, il n'y a rien de pire qu'une absence de réponse. C'est le signe d'un desinterêt certain. Or, je ne pouvais imaginer pire scenario. Il est à l'exacte opposé de mon ressenti à son égard. Moi je suis en adoration devant le moindre de ses gestes, guettant ses mots, tandis que lui a perdu toute curiosité envers moi. Alors que je ne pouvais que compter sur sa curiosité pour esperer quoi que ce soit. On me dit que, c'est bien, j'aurais essayé, que je n'aurais pas à regretter au moins. J'aurais des regrets, innévitablement, je me dis que j'ai loupé bien des occasions de lui parler, que j'aurais du le faire avant facebook et ce qui s'en est suivi.
J'ai interêt à me bouger mardi.
Soit je suis en train de trouver ma voie, soit... C'est une simple lubie, tout aussi passagère que les précédentes. Qu'importe, rien ne presse. A moi d'être ouverte, et sensible aux découvertes. Une chose est sûre, je suis sensible à la littérature ce semestre grace à ma prof, l'angle est si original, son enthousiasme est arrivé jusqu'à moi, j'ai envie d'y arriver, de travailler Hawthorne autant qu'il le faudra. Quelque part, je ne veux pas la décevoir, parce qu'elle a donné tellement de sa personne, elle a cherché à transmettre quelque chose. Pendant le blocus, je l'avais croisée en larmes, car se sentant coupable de ne pas mener à bien sa mission en tant qu'enseignante... C'était le signe d'un profond investissement dans son métier. Elle était dans un dilemne particulièrement éprouvant, entre la volonté de défendre ses idées et sa responsabilité de professeur. Elle en a pleuré parce que les deux avaient une importance considérable pour elle, et elle se sentait coupable vis-à-vis de nous. Elle m'a touchée. Je savais que quoi qu'il advienne, elle ne serait pas soulagée. Elle s'est montrée engagée, je l'ai vue régulièrement aux manifs et autres rassemblements. Vraiment, elle est particulière. S'il y a une chose que je regrette ce semestre, c'est de ne pas avoir eu l'occasion d'avoir eu plus de cours avec elle. Je crois que lundi prochain sera le dernier, j'en suis triste. En fait, j'ai du mal à concevoir de nouveau la littérature sans elle. Je veux réussir mon exam de littérature américaine, je ne veux pas que ça s'arrête sur un échec; surtout, j'aimerais que son enthousiasme ne soit pas vain, par ma réussite, c'est presque autant la sienne que j'espère. Je vais essayer de prendre Hawthorne de manière plus expressive, plus simple. Lorsqu'elle lit, je comprends, j'aime même, c'est une histoire de ton, d'intonnations; elle anime les personnages. Alors que moi j'avais lu Hawthorne plutôt contrainte et forcée, les histoires sont assez tristes, et le théâtral ne m'était même pas venu à l'esprit, maintenant j'ai compris que je devrais peut-être essayer.
Hier, dernier cours avec ma prof de littérature. Le mieux serait de lui trouver un petit surnom. Bref. Dernier cours, en tout deux heures et demi; j'ai essayé de prendre tout ce que je pouvais prendre de ce dernier moment. J'essaie surtout de saisir la manière dont elle aborde le texte, pour être capable de reproduire en partie lors de l'examen, et l'année prochaine si je suis livrée à moi-même, c'est-à-dire sans elle comme prof (hm!). Je ne sais pas du tout quand je vais la revoir, peut-être lors de l'examen? Mais je doute qu'elle surveille les examens cette année si l'on considère sa démission administrative, je pense qu'elle a voté la non-surveillance des examens. En tous cas, la croiser de nouveau ne serait pas un luxe; j'ai envie de dire que c'est une presque nécéssité, elle est tellement rassurante. Une sorte de bienveillance couplée à une douceur sans égal. Son mari est d'ailleurs lui aussi d'une douceur assez poussée, mais il est beaucoup plus impressionnant je trouve. Elle est Gémeaux. Evidemment :) C'est mon destin, les Gémeaux m'attireront certainement toujours. Etant ascendant Gémeaux, un attachement se creé. Pourvu qu'elle s'occupe de la littérature américaine l'année prochaine, pourvu... Après avoir connu ses cours, j'ai beaucoup de mal à imaginer la littérature sans elle, et pourtant si jamais je décide de réellement aller vers un master littératures anglophones, je dois sentir une motivation sans précédant l'année prochaine, c'est la condtion. Je veux bien Mr H. aussi, mais au moins soit le TD soit le CM avec elle, par pitié!
L'amertume post-Bouclé commence à se dissiper petit à petit. Je ne m'en réjouis pas ni ne m'en plainds, je laisse le temps influencer mes émotions, et si jamais je tiens absolument à revenir vers lui, ma volonté pourra s'en charger. Pour le moment, je dois me concentrer sur ce que j'ai. Il est vrai que l'obsession s'est quelque peu transposée naturellement sur ma prof. Je l'ai aimée dès le début, mais au fur et à mesure c'est un ensemble d'attitudes, qui ont produit un attachement.
Journée surprenante. J'ai revu Mme. Hassan dans le département d'espagnol ce soir. J'ai reconnu sa voix, et c'était elle :) Ce fut très furtif, mais ce fut une joie soudaine, quelque chose de rassurant aussi. J'aimerais bien la croiser de nouveau :) Je crois aussi avoir vu ma prof d'espagnol de l'année dernière que je pensais aussi avoir cette année, ce qui ne fut pas le cas malheureusement. J'ai aussi eu quelques notes, dont celle de littérature, qui me va, qui m'encourage à faire de mon mieux pour ce semestre avec Hawthorne. Cette fois je suis motivée, prête à approfondir. Quelque part, il y a aussi l'envie que ma prof me remarque (stupide), et puis ne pas la décevoir. Bien qu'elle ne place probablement aucun espoir particulier en moi pour ce qui est de l'examen, mais il s'agit de faire honneur à son investissement, aux meilleurs cours de littérature auxquels j'ai pu assister jusqu'à maintenant :) Sa façon de faire, je la trouve émouvante, et l'exam serait la consécration, celle qui viendrait confirmer que c'est LA bonne méthode, que la voie de l'émotionel mène à la réussite, aussi. Qu'elle n'est pas seulement naïve. Au contraire. A suivre :)
J'ai revu ma prof! Et ce par trois frois ce matin! Autant dire que je pouvais difficilement esperer de meilleurs hasards. Tout d'abord, elle sortait du secrétariat alors que j'allais passer devant moi aussi, et là elle s'est retournée, m'a reconnue dans la pénombre du couloir, et elle m'a dit "bonjour". Toute souriante. Je devais aller retrouver Marie un petit peu plus loin, je me retrouve donc à suivre ma prof qui va dans la même direction, elle voit Marie à la porte, elle lui dit bonjour également, et là (et là, je bénis Marie!) Marie lui pose une question! Merveilleuse idée! J'arrive donc à point nommé pour profiter de cette petite conversation. Certes, pas un mot ne sera prononçé, mais quelle importance? Elle répond à la question de Marie, toujours aussi rassurante, et enfin elle m'a adresse un sourire, simplement, sans raison. Elle ressemble tellement à V dans My Way, en plus fragile peut-être, mais elle est dans ces tons pastels, une histoire de peau, d'yeux, d'expression. Quelques minutes plus tard, dans le hall, un autre prof anglophone l'interpelle par son prénom "Hey B. !" elle "Ohhh..!". Cute. Et enfin, après un cours en tête à tête avec mon prof d'espagnol, nous descendions les escaliers ensemble, arrivés à l'étage d'anglais, qui croisons-nous? :) Elle salue son collègue. Sourire, sourire, sourire...
Histoires de coïncidences~
Je ne suis pas Detective Yumiko pour rien. Si j'échoue dans mes études ou bien si tout simplement si je ne trouve pas de boulot, je pourrais toujours me reconvertir, et m'autoproclamer détective! Je pourrais faire jouer mes différentes enquêtes couronnées de succès pour attirer mes clients. Par exemple, je pourrais leur conter la dernière en date concerning Bénédicte. Ah oui, parenthèse: ce sera Bénédicte, un point c'est tout. Moi qui me croyais condamnée à attendre desespérément l'année prochaine pour esperer de la nouveauté, eh bien une fois de plus internet s'est révélé être un puits de savoir sans fond (mon dieu). Je suis tombée sur le sujet de sa thèse, sans surprise; ce fut son directeur de recherche qui me permit de faire le lien avec un article qu'elle a écrit il y a quelques années. Ainsi, je comprends. Elle est partie étudier dans une des universités les plus renommées au monde aux Etats-Unis, mais ceci n'est pas l'important. Ce sont ses mots, la manière dont elle aborde la littérature américaine. Lire sur la plage, et flotter sur les paragraphes de cet auteur qui semble attirer toutes ses faveurs. Il s'agit d'un flot, c'est une lecture presque sensuelle. Et c'est ça que j'aime chez elle. Le sérieux n'est pas une fin en soi, il suffit d'être in a close relationship avec le livre, chercher à comprendre, être curieux, ne pas rejeter le sensible au profit de l'intelligible, au contraire prendre en compte le sensible pour aller vers une proposition d'analyse. Aussi, elle évoque son balancement dans le sillon des "flower children". Je ne peux qu'aimer l'image. Son mari, cheveux longs, rock lover; elle, cheveux longs surement aussi, dans le sillon hippie on the West coast. Tout ceci sonne juste.
Décidemment. Moi qui ne croisais jamais Bénédicte avant, en ce moment je n'arrête pas de la croiser dans les couloirs, c'est étrange! C'est étrangement wonderful! Déjà, à midi, alors que nous mangions dans la luzerne, je l'apperçois passant dans un couloir; puis après le partiel de traduction, je sortais du département d'anglais, à la recherche de mes horaires de bus, lorsqu'elle est passée, j'ai dans un premier temps cru la voir arriver, mais très furtivement, je n'ai à peine levé la tête, et puis un "Bonjour" arrivé jusqu'à moi, le sien. Ai-je besoin de mentionner son sourire? :)
Ah, comment je vais faire cet été, comment? Je vais lire à n'en plus pouvoir (bien qu'il faudra que j'en puisse encore après!) de l'American literature, je ne vois que ça. Et puis la rentrée devrait arriver bien assez tôt. Je pensais que la rentrée en L3 serait affreuse, parce que je n'aurais pas de motivation au bout comme j'avais le Japon pour la deuxième année, et qu'en plus je devrais me préparer à partir à Paris l'année suivante, bref. Au final, j'ai de nouvelles envies, et de quoi me motiver comme il se doit pour la rentrée. Seule inconnue: ma réaction post-Japon... Je ne peux prédire mon état d'esprit suite à cette experience qui aura certainement des conséquences. J'y suis ouverte. Advienne que pourra :)
La curiosité se fait sentir. C'est une telle surprise que j'aimerais me plonger entièrement et exclusivement dans Hawthorne, le temps passe vite lorsque je le lis maintenant. Hier soir, deux heures du matin, je n'avais pas vu le temps passer en sa compagnie. Qui aurait pu imaginer un tel revirement de situation? C'est innespéré ce qui m'arrive. Je suis en exams, mais je suis bien. Seul bémol, la linguistique. Je dois absolument m'y mettre... Je dois faire toutes mes fiches aujourd'hui pour ensuite pouvoir me consacrer librement à la littérature. J'ai à la fois hâte d'être à l'exam, car oui, Hawthorne est "challenging" :) et à la fois, peur d'un soudain vide, peur de rendre un devoir banal, sec, ou encore simplement mauvais. Pour une fois, il y aura une vraie envie d'y arriver derrière alors je crois qu'un échec serait de l'ordre de l'insoutenable. Je n'ai en quelque sorte pas envie devoir remettre en question ces nouvelles envies avant même qu'elles n'aient pu grandir et se préciser. Maintenant que j'ai trouver une motivation, je m'y attache doucement, et déjà, je n'ai pas envie de la voir partir. Et puis cette note sera attribuée par Bénédicte, pas par n'importe qui dont le jugement pourrait ne m'importer que modérément. Son jugement m'importe plus que n'importe quel autre pour le coup, j'ai envie qu'elle aime ce je lui donnerai à lire... Quelque part, j'ai senti un tel attachement pour sa manière d'aborder la littérature, je me sens proche de son approche justement, alors j'aimerais qu'elle sente que j'aime sa longueur d'onde, qu'à proportion différente, je partage cette approche. Pourvu qu'elle surveille le partiel. :)
Bon, eh bien je venais d'écrire un paragraphe excessivement long sur ma journée, fort interessant, oh ça oui (Criquette's one). Evidemment, il aura fallu que ça se déconnecte au moment de le poster. Sinon, c'est moins drôle... Passons :) Je le recommence, dénué de toute spontanéité, mais que puis-je y faire?
Quelle journée... J'ai une soirée qui s'annonce longue et une nuit qui s'annonce blanche, je veux travailler ma littérature pour de vrai, courageusement, laborieusement s'il le faut. Il est déjà 20h25, et je n'ai pas pu me résoudre à m'y mettre depuis mon retour à la maison. Je suis à bout de fatigue de suites d'un examen de linguistique un petit peu effroyable et de mes aventures Bénédictines de la journée.
Surprise du jour: j'ai mon premier semestre. Grandiose. Je l'ai, et je l'ai à 12 et quelques de moyenne. Tout ceci ne peut que m'encourager à apprécier ce que j'ai à la fac, à aimer, à avoir des envies plus si démesurées.
Puis, après quelques tentatives de révisions collectives de la linguistique, nous nous sommes résignées à faire une partie de Speed (jeu de cartes des plus violents, mais "fantastique à regarder" dixit une prof inconnue). En pleine concentration couplée d'exitation, nous défendions corps et âme nos paquets de cartes, lorsque M. F. s'est pointé à deux centimètres du bord de la table, arrivant tel un fantôme. Il était mi intrigué, mi amusé. Petit choc refoulé et interioriosé. :) Il avait l'air à la fois sage et plein de fantaisie. Sa Bénédicte a également ce petit air là. Ce sont des traits de caractère qui, associés, sont à l'origine d'un charme qui me touche.
Justement, quelques minutes plus tard, alors que nous étions dans la file d'attente pour acheter à manger, quelqu'un me tape doucement sur l'épaule. Je me retourne. Bénédicte. *smiles* Elle me parle d'un soit-disant mail envoyé par un collègue de littérature concernant nos copies de premier semestre... Mail inconnu au bataillon, je crois même un instant qu'elle parle du mail de son mari lui étant destinné, mais que tous les L2 ont pu recevoir! Bref, elle me transmet l'information :) Je suis étonnée qu'elle vienne me parler à moi, et même qu'elle me reconnaisse... Je suis contente. Ca n'arrive jamais qu'un prof vienne me parler à moi lorsqu'il a le choix. Par exemple, ils vont facilement parler à Marie qui leur pose souvent des questions, du coup je sais pas, les choses se font plus facilement. Mais, elle est venue me parler, à moi. :)
Quelques péripéties culinaires et linguistiques plus tard, je vais finalement aux toilettes. Non, je n'entame pas le récit d'une insane story, je vous épargne ce genre de dérives. Toutefois, l'histoire est assez cocasse au fond. Le fait est que, sans raison, j'ai pensé que je pourrais la croiser aux toilettes par hazard, et que ce serait rigolo! Bon, rigolo et gênant, certes. J'ouvre la porte, et je vois Bénédicte en train de se laver les mains à un des lavabos. My Godness. Non mais je rêve, je commence à avoir des hallucinations, genre mirages dans le désert, ou quoi? Je vais droit sur l'autre lavabo, ah ça oui, tout droit, je ne calcule que le robinet. Car oui, une soudaine bouffée d'intimidation. Je me lave les mains pendant qu'elle part secher les siennes. Je décide courageusement de ne pas feindre de me laver les mains pendant 15 minutes, et je me retourne enfin vers elle en attendant la liberation du sèche-mains. Sourires. Ses sourires sont insoutenables de spontanéité. J'ai malgré tout le temps de m'inquieter quant à la possibilité d'un intolérable blanc. Mais si peu :) Puisque immédiatement elle engage la conversation et me demande quel exam j'ai cet après-midi. Je lui réponds "Linguistique" avec un petit sourire crispé qui en dit long sur mon amour de la matière... Et elle me dit "Oh, si vous avez bien travaillé, ça va forcément vous apporter quelque-chose!" Mhmm... Je ne crois pas, mais, je crois! Personne n'arrive à m'encourager si facilement. Un mot de sa part, et une part de motivation se réveille. C'est annormal, mais c'est un fait. Elle me dit "Bon courage!", "Merci"... C'est ainsi que j'ai trouvé le courage de faire mon examen de linguistique avec une implicaton, pas débordante, mais présente.
J'ai de la chance, je suppose. J'aime sa douceur, je m'y reconnais, je m'y complais; et j'ai envie de croire qu'elle apprécie un petit peu la mienne.
Eh bien voilà. Il m'était impossible de venir avant. J'ai tout gâché. Les délicieux cours de Bénédicte, mes espoirs, mon enthousiasme venu de nulle part. C'était ce que j'appréhendais à la fois avec impatience, implication et inquiétude. Je me relis, l'échec n'était pas envisageable, car de l'ordre de l'insoutenable, disais-je. Ainsi, j'ai veillé auprès d'Hawthorne, je lui ai accordé tout mon temps. L'examen se passait plutôt bien je crois, j'ai cèdé à la tentation de prendre tout mon temps, pensant que quatre heures seraient largement suffisantes, j'ai fait ce que d'habitude je ne fais pas. Et, cela me fut fatal, bien-sûr. Mon travail ne sera donc pas rendu dans sa totalité. Et, je sais bien ce que ça veut dire. La frustration est immense, je m'en veux, je ne comprends pas comment ça a pu m'arriver. Surtout que je connaissais l'enjeu sentimental de cet examen, ainsi que son enjeu déterminant en ce qui concerne mon avenir scolaire. Je le savais. Personnellement, c'est la déception, par rapport à Bénédicte, c'est à la limite de la culpabilité. Je suis rentrée, j'ai senti la fatigue accumulée depuis plusieurs jours remonter d'un seul coup, plus aucune force et les larmes qui coulent toutes seules. Comment avais-je pu oser rendre ma copie? J'aimerais que jamais elle ne la lise. De toute façon, elle sera illisible en partie, alors quelque part, elle ne la lira peut-être pas... J'avais l'impression que d'un seul coup l'examen avait réussi à passer par dessus mon goût pour la littérature avec Bénédicte ce semestre, que celui-ci se voyait immédiatement décrédibilisé. Or, cette annulation m'était insupportable. J'ai fini par lui écrire un minuscule mail de minuit pour qu'avant tout oeil posé sur ma copie, elle sache que j'ai aimé ses cours. Je me sentais un petit peu mieux, au moins il y avait une trace écrite de mon sentiment sur ses cours. Malgré tout, la seule idée de revoir retourner à la fac le lendemain pour passer un ultime examen m'épuisait, je ne voulais pas y retourner. Je ne voulais pas non plus risquer de croiser Bénédicte au détour d'un couloir ou d'un lavabo, j'aurais bien trop honte de mon travail de la veille. Je me suis couchée, avec un mal de tête naissant, que je retrouvai au réveil. Je devais aller passer mon exam, il le fallait. A tout hazard, je décide d'allumer l'ordi, au cas où j'aurais une réponse de sa part. Il était tôt, mais elle m'avait déjà répondu. J'en étais très surprise. Egalement, j'étais émotionnée et inquiète. Pour la première fois, j'allais découvrir de quelle manière elle s'adresse à moi à l'écrit. J'ai ouvert, et j'ai lu. Je l'ai retrouvée comme elle m'apparaît en vrai. La même douceur, la même justesse et la petite pointe d'excès habituelle. C'est cet ensemble qui rend ses encouragements si vrais, et lui confère un côté simplement rassurant. Je pouvais partir pour mon examen tranquille. Il fesait beau, je n'étais pas stressée, je ferai de mon mieux. Je savais que la déception ne pourrait atteindre les proportions de la veille. Tout s'est bien passé cette fois. Si c'est une bonne chose pour ma moyenne, je ne peux m'empêcher de penser que c'est injuste, que si je devais réussir quelque part, alors ça devait être en littérature. Je crois que, honnêtement, si j'avais eu le choix entre réussir mon exam de littérature et aller au rattrapage ou réussir mon semestre et louper la littérature, il me semble que j'aurais privilégié la littérature, et choisi la première solution. Au moins, j'aurais pu me dire que même si je galère partout, au moins je réussis dans ce que j'aime. Et, c'est l'inverse qui se produit. Et puis, rien ne me dit que j'ai mon semestre d'ailleurs. J'avais tout misé sur la littérature, alors je ne suis pas à l'abris d'un rattrapage en septembre... Bref, je ne peux plus rien faire pour moi désormais, il n'y a plus qu'à attendre. Je suis en vacances, mais je n'en ressens aucun plaisir, outre l'inquiéture continuelle quant à mes notes et à la place de la littérature dans mon avenir, j'ai l'impression d'être perpetuellement en retard, de devoir faire quelque chose. Alors que je n'ai plus rien à faire. Le temps passe doucement aussi. Je m'ennuie. Toutes les nuits, je fais le même type de rêves: très courts, saccadés, et nombreux. Je crois que j'aurais aimé que ce semestre continue toujours. Non seulement, j'aurais voulu continuer la littérature avec Bénédicte, mais je me dis que vu la fin qui m'es tombée dessus, autant qu'il n'y ai pas de fin du tout si c'est pour finir sur un si piètre hommage. Apparemment, ce sont les "aléas" de la vie m'a-t-on dit. Comme si je n'en avais pas déjà fait l'experience aupparavant. Je sais ce qu'est une déception, ce n'est pas pour ça j'y suis ou que je devrais y être insensible. La connaissance limite tout au plus l'effet de surprise, mais en rien elle n'atténue la peine. Dans un sens, elle ne fournit que la promesse d'un retour prochain à l'état de déception. Elle l'inscrit dans un processus de recommencement, de normalité. Alors oui, à défaut de l'isolement, la connaissance nous confirme la fatalité. "Youpi la vie" (cf: Michel et Augustin - que j'adore) quoi.
J'ai revu Bouclé ce soir. Quelques secondes, au loin. Il n'y a pas eu de grande émotion. Il n'y a rien à faire. Toutefois, je suis fatiguée. Toujours. Je ne me remets pas de ce semestre. Il a été trop chargé. Trop vite, trop fort. Et pourtant, j'aurais voulu que ça ne finisse pas. Au final, tout s'est terminé. Je ne veux pas de ce mois de travail. Si seulement je pouvais ne pas y aller. Même le Japon finit par m'inquiéter. Je me sens dispersée. Sous pression. Et en même temps, des choses remontent, et je ne sais quoi en faire.
Peut-être étaient-ce les aurevoirs, aujourd'hui. J'ai rêvé de Bouclé cette nuit. C'était poétique, c'était beau. Je le touchais, il me rassurait, sa main contre mon dos, la mienne dans ses cheveux. J'ai envie de pleurer. Cet après-midi, Joyce a été au sommum de son amabilité. Le contraste a été brutal. Il y avait à quelques centimètres d'elle, Bénédicte. J'ai vu son sac en entrant, j'ai cru que j'allais repartir. J'avais peur de la revoir. Mais il était trop tard, j'ai du rentrer. J'ai dit "Bonjour", j'ai osé la regarder; elle m'a sourit. Beaucoup. La surprise était partagée visiblement. Pour moi, il y avait la gêne en plus. Mais ça m'a fait du bien. Il fallait que je la croise un jour, pour que je vois ce qu'il en était de son côté. Bêtemment, j'avais peur qu'elle me considère autrement suite à mon examen minable, suite à mon mail. Une fois de plus, elle semble être au dessus de tout cela; dans la plus simple justesse. Alors oui, décidemment, je ne peux que me rendre à l'évidence : c'est une grande chance d'avoir assisté à ses cours. J'ai l'impression d'avoir appris intellectuellement, mais au moins tout autant humainement. Sans parler de la révolution de mes choix et envies pour le futur; j'ai l'impression qu'elle a déclanché mon réveil.
Les aurevoirs... Bouclé, la figure du poète, libre, qui s'ignore, et qui peut-être s'ignorera toujours. Bénédicte, la figure du poète, elevated, douce.
J'aime la poésie, j'aime leur poésie.
J'ai eu mes notes, enfin pas toutes, mais disons les plus importantes, avec dans le lot la tant redoutée note de littérature américaine. En linguistique, c'est une catastrophe, mais je la vis plutôt bien, je m'y attendais, et la catastrophe étant à la fois naturelle et générale, je me console. Bien, passons donc au plus important : la littérature. C'est surprenant, mais j'ai eu 12. Ce qui honnêtement relève du miracle. Je suis soulagée, bien que toujours frustrée. Si j'ai eu cette note, je suppose que ça veut dire qu'au moins ce que j'ai écrit était incomplet, mais un minimum pertinant, et je l'espère un tout petit peu interessant. J'ai en fait la même note qu'au premier semestre, qui m'avait alors convenue, mais là je sais que ma copie, si elle avait pu être rendue dans son integralité, aurait surement mérité un peu plus. Mais c'est ainsi, je m'en sors très bien. J'avais terriblement peur que le peu que j'avais écrit soit tout simplement illisible, qui plus est pour Bénédicte, qui avait déjà du mal à me déchiffrer à la base. Du coup, je l'imaginais déjà en pleine correction, surement un peu fatiguée d'enchaîner les copies, tombant sur la mienne, blasée en appercevant quel type d'écriture elle allait devoir déchiffrer, puis enchaînant les corrections de fautes d'étourderie dues à a vitesse de rédaction, et l'écriture qui se dégrade au fur et à mesure, pour attendre le sommum à la fin, où c'est vraiment le n'importe quoi dans sa plus pure expression. Je l'imaginais presque jeter ma copie, car illisible. Moi, j'aurais donc exaspéré la prof que je voulais presque impressionner. Ce n'est pas le cas, par chance, car cette idée ne m'est supportable. Louper mon exam, passe encore, ça me regarde après tout, mais pousser à bout Bénédicte, hors de question. Elle a du affronter courageusement. Au fond, ça ne m'étonne pas; elle n'est vraiment pas du genre à chercher à nous couler. A chaque fois que quelqu'un participait en cours, même s'il ne donnait pas la réponse attendue, elle prennait toujours la remarque en considération, y réfléchissait, il n'y avait jamais qu'une explication, qu'une interprétation possible. Tout était ouvert. Jamais elle ne dénigrait une proposition. Le but étant de nous apprendre à avoir une réflexion personnelle, indépendante. Donc, elle valorisait nos efforts, regrettait notre flemme lorsque l'on gobait wikipedia sans complexes. En fait, mon impression est celle d'avoir pour la première fois intégré en moi ce qu'elle nous a appris. Jusqu'à ses cours, je n'avais connu qu'un ensemble de connaissances, qui gravitaient à l'hazardeuse autour de moi, je retenais ce que je pouvais, une petite selection naturelle s'effectuait, et j'essayais d'utiliser ce que je pouvais. Sauf que je me sentais en rien investie, je me sentais exterieure. Et ce semestre, au fur et à mesure, c'était l'integration. Tout d'un coup, j'avais en moi les outils me permettant de commencer à penser par moi-même. Et, c'était de l'ordre du sentiment. Ce n'est pas une certitude, mais je crois que le réveil est déifinitif, c'était un déclic, et j'ose esperer que même sans Bénédicte comme prof, je ressentirai encore ces possibilités internes, et que ça ira... De toute façon, je crois que cet exam full of stress n'est que le premier et certainement pas le dernier, puisque l'année prochaine je dois réussir mes exams de littérature, pour au postuler dignement au master. C'est vrai que ce semestre, c'était une nécessité affective, je ne voulais pas manquer mes premiers pas dans l'interêt, et ainsi me décevoir si vite, et je ne voulais pas décevoir celle qui avait déclanché cet interêt. Je me suis investie, avec envie, sans que ce ne soit même laborieux, mais la pression était immense, à trop vouloir bien faire, on en oublie les règles de base, je me suis déçue, mais je m'en sors bien. Disons que ce n'est que partie remise, and let's read this summer !
Je ne saurais l'expliquer. Pourquoi suis-je touchée, maintenant, à retardement ? Ma mère me l'a annoncé au réveil, j'ai eu un petit choc. Michael Jackson fesait partie de ma conscience universelle, du commun. Moi, je suis là, je vis dans un monde, et il y a un décor ; il en fesait partie. Il partait, et c'était inattendu. J'étais perturbée, mais pas boulversée. Puis, le soir, n'ayant pas du tout sommeil, je décide de rester devant la télé - je tombe sur une emission "hommage" qui retrace sa vie. Il est bien évidemment question de ces fameuses accusations de pédophilie. Il s'expliquait. Tout en candeur, ne mesurant pas ses mots. Il se défendait pourtant. Ce sont ses yeux, sa voix douce, sa fragilité, son élégance... Les yeux me brûlaient, moi aussi j'avais, je crois, un peu cru à ces accusations, sans jamais chercher à en savoir plus, j'ai suivi, bêtement. Je sentais la culpabilité, et la frustration. Pourquoi ne m'étais-je pas interessée plus que ça à ce personnage ? A l'évidence, il possedait toutes les caractéristiques des personnages qui me plaisent, qui me rendent curieuse... Je crois qu'il était tout simplement trop grand, trop populaire, qu'il m'était innaccessible. Et je le découvrais, soudainement, quelques heures après sa mort, j'étais touchée, boulversée. Frustrée. De n'avoir pas réalisé l'existence de ce garçon. Nous avons plusieurs point communs, très nets au niveau idéologique "i am Peter Pan in my heart" disait-il - je le suis aussi, et si un Neverland existait, sans aucun doute je m'y installerais. Lui, l'avait donc construit, il a pu assumer un temps ce besoin de rester enfant, toutefois, ce n'est pas dans l'ordre des choses, et ça inquiète. Je suis convaincue de son innocence. Plus je le vois parler, lui, ses proches, plus je comprends la difficulté de ce qu'il a vecu - ne pas être compris. Je crois que Michael Jackson était plus qu'un enfant, son innocence, sa candeur, sa naïveté, sa spontanéité, sa douceur, dépassent de très loin ces mêmes qualités chez un vrai enfant. Lui n'a semble-t-il jamais été perverti par la societé, elle ne l'a pas influencé. Les codes, "l'ordre des choses" qui n'a finalement aucun sens, il ne les a pas suivi. Je ne pense pas qu'il ai pu faire du mal à qui que ce soit. La vérité n'eclatera jamais, cela laisse le champs libre aux opinions, j'en ai une à présent. Cette partie du décor me manque, et pourtant elle est encore là... J'ai la sensation que ce n'est pas fini. Comment dire... Il part, et c'est à ce moment là que je le trouve. Et ça n'a rien de comparable avec le phénomène d'interêt soudain que l'on peut éprouver suite au décès d'une personne. Je le découvre, je me sens proche de lui, je suis heureuse qu'il ai existé. Je ne ressens pas la peine que doivent ressentir ses fans ; c'est autre chose. J'ai l'impression qu'il restera, que quelque chose nous rapprochera. Je ne sais pas.
"FINDING NEVERLAND", always.
Gradually, i miss him. J'ai une sensation de solitude, et de vide. Il est parti, et je ne réalisais pas son existence lorsqu'il était encore là. Qu'il soit là était rassurant, mais je ne le savais pas. Comme il m'affecte soudainement. Je le comprends. Je vis très mal mon mois à la mutuelle. Je sais pourquoi j'y vais chaque jour, mais je hais être là bas, faire ce travail. J'ai besoin d'imaginaire. Quelque part, c'est à nouveau une histoire de contraste. Michael est mort, la douceur s'en va, et je suis confrontée à la rigueur d'un monde que j'aimerais ne jamais connaître, auquel je ne veux pas prendre part. Quand je dis que je le comprends, c'est que ce qui m'a fait rêver enfant me touche encore, et je reste convaincue du fait que l'imaginaire reste la porte sur le Beau, le fou, l'improbable, la magique... Plus d'interdits. J'aimerais qu'il soit là, encore.